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Frank Lestringant

    Spécialiste de la littérature française du XVIe siècle, Frank Lestringant explore les nouveaux horizons de la Renaissance française et la période tumultueuse des Guerres de Religion. Son érudition se penche sur la manière dont le "Nouveau Monde" a influencé le paysage littéraire, en particulier à travers des œuvres fondamentales de l'époque. L'approche de Lestringant redonne vie aux courants intellectuels et aux innovations stylistiques qui ont défini ce moment crucial des lettres françaises. Il offre une analyse perspicace qui illumine l'impact durable de la pensée de la Renaissance.

    Les singularités de la France antarctique
    Les Tragiques - Édition de Frank Lestringant
    Le Cannibale
    • "Ceci est un livre qui brûle. L'avertissement est clairement formulé : voici, nous dit l'avis "aux lecteurs", le larcin de Prométhée, le héros tragique qui, un jour, vola le feu aux dieux et le révéla aux hommes. Ce livre est un feu qui couvait, tant qu'il était caché, et qui, maintenant qu'il est découvert, volé à son auteur et répandu à travers le monde, s'embrase à la lecture. Dans une gravure protestante du temps des guerres de Religion, on voit Calvin, Luther et les principaux Réformateurs assiégeant la ville de Rome et jetant en guise de projectiles des Bibles enflammées par-dessus les murailles. Tels apparaissent Les Tragiques publiés en 1616 au commencement du règne de Louis XIII. Inopportun, anachronique et d'un style passé de mode, le poème est un brûlot lancé depuis le désert huguenot dans la France catholique de l'aube du Grand Siècle", Frank Lestringant.

      Les Tragiques - Édition de Frank Lestringant1995
      3,5
    • Le Cannibale

      • 319pages
      • 12 heures de lecture

      Partant de l'histoire du mot "cannibale", inventé par Christophe Colomb, Frank Lestringant montre comment les écrivains et les philosophes du XVIe siècle - Montaigne, en particulier - transforment la figure répugnante de l'anthropophage des Amériques en un modèle positif. Si le cannibale libre et heureux mange la chair de l'adversaire vaincu, cela se produit en raison d'une tradition bien connue et non par appétit ou cruauté. On pourrait même le pardonner à cause de quelques jésuites et colons qu'il a dévorés ! Les prétendus civilisés ont montré une barbarie et une torpeur bien pires. Au XVIIIe siècle, les "intellectuels" des Lumières utilisent le cannibale dans la discussion anticoloniale et anticatholique. À cette époque, sa valeur est également mise en avant : s'il dévore l'homme, chose que l'européen sait faire à sa manière, de formes plus raffinées et, en somme, les plus cruelles, le cannibale n'en arrive pas à dévorer son Dieu. Ainsi, l'Eucharistie est une agression. Mais la "grandeur" du cannibale et son image positive se dégradent à la fin du XVIIIe siècle et surtout au XIXe siècle. C'est la décadence. Et il devient une figure odieuse, satisfaisant un appétit bestial et désordonné, suscitant les délires primitifs d'un Sade ou d'un Flaubert, ce dernier étant inspiré par le cas de la Jangada de la Méduse, dans laquelle l'Occident se mire avec effroi.

      Le Cannibale1994
      5,0