Eugénie Grandet, jeune héritière, est prisonnière d'un père avare et despotique capable de sacrifier sa vie, et celle de sa fille, à la soif de l'or. Les illusions se heurtent ici à un monde féroce où l'argent ruine tout. Récit de l'obsession d'un homme et de la fidélité d'une femme, ce roman est aussi le portrait d'une petite ville de province où les puissants règnent en maîtres. Eugénie et son père, décrits avec délicatesse et pénétration, sont parmi les personnages les plus frappants de La Comédie humaine.
Philippe Berthier Livres




Le Père Goriot
- 314pages
- 11 heures de lecture
Rastignac est un jeune provincial qui cherche à s'insérer dans la société parisienne. Il lui manque les manières et l'argent. Pour parvenir, il côtoie les femmes du monde, mais reste attaché à son voisin de la pension Vauquer, le père Goriot, vieillard malheureux abandonné de ses filles. Vautrin, forçat évadé, Marsay, politicien ambitieux, et Rubempré, écrivain talentueux, sont animés du même désir de pouvoir. Ils apprennent, chacun à leur manière, les complicités et les alliances indispensables dans une société gourvernée par les intérêts. Seules figures du désintéressement: le père Goriot, vaincu par son amour paternel, et Mme de Beauséant, abandonnée du Tout-Paris. La passion bout dans cette maison comme dans une cocotte-minute, les pages se tournent toutes seules; c'est que chaque palier de la pension Vauquer est devenu un étage de ce que Balzac vient de concevoir : La Comédie humaine.
Bibliothèque de la Pléiade: Le Grand Meaulnes
Suivi de choix de lettres, de documents et d'esquisses
- 640pages
- 23 heures de lecture
En 1913, Rachilde percevait derrière les pages du Grand Meaulnes une "fée qui vous guette" pour offrir "le don d'enfance". Cette poétisation du réel, qui reste l'un des charmes du roman, a aussi ouvert la voie à un malentendu durable. Peu de romans ont une renommée comparable, et la mort d'Alain-Fournier en 1914 a contribué à faire de lui un jeune homme irrévocable, rendant l'ouvrage unique. Pourtant, beaucoup le lisent superficiellement, prenant pour un texte peu construit ce qui est en réalité un concerto en trois mouvements, une sombre histoire de déception et de désenchantement. Yvonne de Galais évoque la Mélisande de Maeterlinck et Debussy, étant "pas d'ici", tandis qu'Augustin Meaulnes, tel un aérolithe, chamboule tout avant de disparaître, laissant son ami Seurel imaginer ses nouvelles aventures. La simplicité apparente du livre cache une richesse littéraire secrète, allant des récits du Graal à Nerval et Pelléas. Bien que Fournier tente de dissimuler la violence latente chez Meaulnes, celle-ci affleure, tout comme des pulsions sexuelles complexes. Un chapitre finalement retranché et des lettres rassemblées après le roman éclairent la genèse de l'ouvrage, révélant une passion impossible pour Yvonne de Quiévrecourt, rencontrée en 1905, et tissant ensemble un rêve amoureux et une expérience d'écriture unique.
Bibliothèque de la Pléiade - 2: Œuvres
Édition établie par Philippe Berthier - Chronologie par Bernard Degout
- 1632pages
- 58 heures de lecture