""Monsieur Ancelot, vous me faites mal. Vous me faites mal."Le buste renversé, elle se collait à lui d'un jeu souple et, toujours geignant, plantait dans son regard celui de ses yeux vacillants. Il hésitait déjà, troublé par cette faiblesse éhontée. La violence qui bouillonnait en lui ne s'apaisait pas, mais il lui sembla qu'elle changeait de direction. La servante ne prenait plus la peine de dissimuler son manège et l'invitait d'un sourire aguichant."
Marcel Aymé Livres
Marcel Aymé était un romancier et écrivain français pour enfants, connu pour son approche humoristique de la narration. Ses œuvres explorent souvent des situations extraordinaires avec une tournure inattendue, reflétant sa vision unique du monde. La capacité d'Aymé à mêler fantaisie et réalité quotidienne résonne auprès des lecteurs de tous genres. Il a laissé un héritage durable dans la littérature française par son style distinctif et son imagination espiègle.







Les bottes de sept lieues et autres nouvelles
- 92pages
- 4 heures de lecture
Vingt ans après la disparition de Marcel Aymé, le meilleur hommage que l'on pouvait lui rendre était de réunir ces nouvelles. Elles dormaient dans ses dossiers ou n'avaient connu pour la plupart qu'une existence éphémère dans la presse. On retrouvera ici tous les éléments de la palette de l'écrivain. La satire politique et sociale, l'humour, l'art de surprendre, la vie à Montmartre et le monde des studios de cinéma. La province est présente aussi, croquée sur le vif. Le personnage de Martin, que l'on retrouve un peu partout dans l'oeuvre d'Aymé, est présent dans deux nouvelles. Dans l'une d'elle, Martin "tous les soirs, sous le coup de huit heures, ( ... ) changeait de sexe pour, le lendemain matin à huit heures, revenir au masculin". C'est dire que le fantastique n'est pas absent de ce recueil. Curieux mélange où l'on reconnaît l'art inimitable du grand nouvelliste.
Les contes bleus du chat perché
- 222pages
- 8 heures de lecture
Delphine et Marinette sont devenues bien imprudentes. Elles ouvrent la porte au loup, recueillent un cerf en fuite puis invitent les bêtes de la ferme dans la maison transformée en Arche de Noé... Un canard part en voyage et ramène une panthère aux yeux d'or. Un mauvais jars mord les jambes des fillettes, qui se réveillent un matin transformées en âne et en cheval. Il se passe des choses bien étranges dès que les parents sont partis.
Rond de cuir doux et besogneux, marié a une femme laide, Justin Galuchey découvre la médiocrité de sa vie. Il veut se libérer. Il se coupe les moustaches et sa volonté s'affirme. Il devient tout d'un coup chef de service, élégant, spirituel et il est aimé . À lui les ivresses du pouvoir, les charmes des belles étoffes et les troubles de l'amour délicat que lui porte la belle et fière Raymonde. C'est l'oncle de Justin, avare et sceptique, qui met fin à l'aventure en exhibant une photo de l'ancien Justin, moustachu et ridicule. Raymonde rit et replonge Justin dans la monotonie d'autrefois.
- Edmond ! Est-ce que tu es fou ? Voilà que tu encourages ta fille... Ah ! le jour où cette petite imbécile sera enceinte... - Evidemment, dit Archambaud en s'adressant à sa fille, c'est la chose à ne pas faire. Il faut absolument éviter d'avoir des enfants. Ce coûte cher, c'est un embarras, une cause de soucis, de tracas, et pour une jeune fille, un handicap très lourd. Ta mère s'inquiète à juste titre de ta promenade au bois des Larmes. Ce n'est pas un endroit pour céder à un jeune homme. Il ne faut le faire que dans une chambre.
Il y avait à Montmartre, au troisième étage du 75 bis de la rue d'Orchampt, un excellent homme nommé Dutilleul qui possédait le don singulier de passer à travers les murs sans en être incommodé. Il portait un binocle, une petite barbiche noire et il était employé de troisième classe au ministère de l'Enregistrement. En hiver, il se rendait à son bureau par l'autobus, et, à la belle saison, il faisait le trajet à pied, sous son chapeau melon. Dutilleul venait d'entrer dans sa quarante-troisième année lorsqu'il eut la révélation de son pouvoir.
En cette journée pluvieuse, Delphine et Marinette, les deux soeurs espiègles aux mèches blondes, jouent sagement dans la cuisine de la ferme. Mais attention ! Une bêtise est vite arrivée... Vont-elles se faire gronder, priver de dessert, envoyer chez la méchante tante Mélina au menton qui pique ? Heureusement, les fillettes ont de bons amis parmi les animaux de la ferme.
Les contes du chat perché
- 377pages
- 14 heures de lecture
Ces contes ont ?t? ?crits pour les enfants ?g?s de quatre ? soixante-quinze ans. Il va sans dire que par cet avis, je ne songe pas ? d?courager les lecteurs qui se flatteraient d'avoir un peu de plomb dans la t?te. Au contraire, tout le monde est invit?. Je ne veux que pr?venir et ?mousser, dans la mesure du possible, les reproches que pourraient m'adresser, touchant les r?gles de la vraisemblance, certaines personnes raisonnables et bilieuses. A ce propos, un critique distingu? a d?j? fait observer, avec merveilleusement d'esprit, que si les animaux parlaient, ils ne le feraient pas du tout comme ils le font dans « les Contes du chat perch? ». Il avait bien raison. Rien n'interdit de croire en effet que si les b?tes parlaient, elles parleraient de politique ou de l'avenir de la science dans les ?les Al?outiennes. Peut-?tre m?me qu'elles feraient de la critique litt?raire avec distinction. Je ne peux rien opposer ? de semblables hypoth?ses. J'avertis donc mon lecteur que ces contes sont de pures fables, ne visant pas s?rieusement ? donner l'illusion de la r?alit?. Pour toutes les fautes de logique et de grammaire animales que j'ai pu commettre, je me recommande ? la bienveillance des critiques qui, ? l'instar de leur savant confr?re, se seraient sp?cialis?s dans ces r?gions-l?. Je ne vois rien d'autre ? prier qu'on ins?re.
"Brillant de lune et d'étoiles, le ciel était d'un bleu glacé. À l'approche de la porte Saint-Martin, quelques silhouettes de passants surgissaient dans les coulées de lune et le pas des femmes chaussées de bois résonnait longtemps dans la nuit. Comme ils se disposaient à franchir la ligne des boulevards, les deux hommes durent s'arrêter pour laisser passer une escouade de soldats allemands à bicyclette. La carabine en bandoulière, les cyclistes casqués roulaient silencieusement en direction de l'Opéra. Les valisards entraient dans une zone dangereuse." Paris sous l'occupation. Le marché noir bat son plein : deux hommes fendent la nuit, chargés de vivres clandestins. Une traversée mythique, adaptée à l'écran en 1956 avec Jean Gabin dans le rôle de Grandgil



