Oeuvres romanesques
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Marguerite Yourcenar fut une romancière et essayiste française dont l'œuvre se caractérise par une profonde perspicacité philosophique et une précision stylistique. Elle s'est particulièrement concentrée sur des thèmes historiques, explorant la nature humaine et les relations complexes entre les individus et la société. Son écriture est pénétrante et méditative, se centrant souvent sur la vie intérieure des personnages et leurs dilemmes moraux. Yourcenar fut la première femme élue à l'Académie française, soulignant sa place significative dans le monde littéraire.







Jugeant sans complaisance sa vie d'homme et son oeuvre politique, Hadrien n'ignore pas que Rome, malgré sa grandeur, finira un jour par périr, mais son réalisme romain et son humanisme hérité des Grecs lui font sentir l'importance de penser et de servir jusqu'au bout. Les dangers mortels qui du dedans et du dehors confrontent les civilisations, la quête d'un accord harmonieux entre le bonheur et la 'discipline auguste', entre l'intelligence et la volonté.
Comme dans Souvenirs Pieux, Marguerite Yourcenar part ici à la recherche de ses origines. Commençant par l'évocation de ces terres, de ces dunes, de ces forêts, qui deviendront un jour la Flandre française, elle descend le cours du temps. L'Histoire devient comparable à une immense circulation sanguine dont l'écrivain serait le cœur toujours battant. S'abandonner à ce système romanesque créé par le Temps, c'est découvrir comment une femme d'aujourd'hui a su pénétrer le secret des siècles refermés sur eux-mêmes, pour en réveiller les destins singuliers, avec leurs passions, leurs amours, leur noblesse.
Encore une fois, dans ce troisième volet du Labyrinthe du monde, le centre du récit est le personnage du père, Michel. Michel et sa mère, l'affreuse châtelaine du Mont-Noir; Michel et ses amours : Fernande, Jeanne, dont l'inquiétant mari servira de modèle à Alexis, Liane, tant d'autres... «Confondue par le problème des dates de l'enfance, seule dans un paysage vide où tout semble tantôt très proche et tantôt lointain», Marguerite Yourcenar, qui parle peu d'elle-même, laisse seulement deviner, derrière le portrait du père, sa silhouette de petite fille, puis d'adolescente. Et, derrière le fourmillement des passions, le chaos des impressions, derrière les désastres privés et historiques, ce qui constituera son monde, comme si elle nous tendait quelques clés de son œuvre romanesque.
En créant le personnage de Zénon, alchimiste et médecin du XVIe siècle, Marguerite Yourcenar, l'auteure des Mémoires d'Hadrien, ne raconte pas seulement le destin tragique d'un homme extraordinaire. C'est toute une époque qui revit dans son infinie richesse, comme aussi dans son âcre et brutale réalité ; un monde contrasté où s'affrontent le Moyen Age et la Renaissance, et où pointent déjà les temps modernes, monde dont Zénon est issu, mais dont peu à peu cet homme libre se dégage, et qui pour cette raison même finira par le broyer.
Pour la première fois, Marguerite Yourcenar, la plus célèbre des romancières françaises, ainsi que l'unique "académicienne" de notre histoire, nous donne ici, grâce à l'attentive complicité de Matthieu Galey, le livre chef qu'on attendait pour la comprendre au plus profond et au plus clair de sa pensée. Sans réticence, avec la simplicité d'une âme sereine, intéressée par tous les aspects du monde où nous sommes, elle le contemple "les yeux ouverts", et nous dit ce qu'elle croit, ce qu'elle voit, ce qu'elle a vécu.
Comme tous les héros de Marguerite Yourcenar, Alexis s'interroge pour mieux comprendre le monde et mieux se comprendre lui-même. Il cherche à sortir d'une situation fausse qui est l'échec de son mariage. Une longue lettre forme tout le récit où il prend sa femme à témoin du vain combat qu'il a mené contre son penchant naturel et sa vocation véritable.Le Coup de grâce se situe dans les Pays baltes en 1919-1920. Par-delà l'anecdote de la fille qui s'offre et du garçon qui se refuse, le sujet central du roman est avant tout une communauté d'espèce, une solidarité du destin chez deux hommes et une femme soumis aux mêmes privations et aux mêmes dangers.
Cette œuvre, qui est à la fois roman, histoire, poésie, a été saluée par la critique française et mondiale comme un événement littéraire. En imaginant les Mémoires d'un grand empereur romain, l'auteur a voulu " refaire du dedans ce que les archéologues du XIXe siècle ont fait du dehors ". Jugeant sans complaisance sa vie d'homme et son œuvre politique, Hadrien n'ignore pas que Rome, malgré sa grandeur, finira un jour par périr, mais son réalisme romain et son humanisme hérité des Grecs lui font sentir l'importance de penser et de servir jusqu'au bout." ... Je me sentais responsable de la beauté du monde ", dit ce héros dont les problèmes sont ceux de l'homme de tous les temps : les dangers mortels qui du dedans et du dehors confrontent les civilisations, la quête d'un accord harmonieux entre le bonheur et la " discipline auguste ", entre l'intelligence et la volonté. -- Quatrième de couverture
La vie et la mort de Nathanaël, dans la Hollande du XVIIe siècle, est le sujet d'Un homme obscur. Un homme simple, presque sans culture, «levant sur le monde un regard d'autant plus clair qu'il est incapable d'orgueil». Le héros d'Une belle matinée est Lazare, le fils de Nathanaël, un enfant mêlé à une troupe de comédiens shakespeariens. À travers les brochures du théâtre élisabethain, le petit Lazare vit d'avance toute vie, «tour à tour fille et garçon, jeune homme et vieillard, enfant assassiné et brute assassine, roi et mendiant, prince vêtu de noir et bouffon bariolé du prince.» [Gallimard]