Au milieu des années 1970, à New York, deux couples d'artistes ont partagé les rêves de liberté de l'époque. De l'art et de la création, ils ont fait le ciment d'une amitié qu'ils voulaient éternelle et, quand ils ont fondé leur famille, se sont installés dans des appartements voisins. Rien n'a pu les préparer aux coups dont le destin va les frapper et qui vont infléchir radicalement le cours de leurs vies... Siri Hustvedt convie ici à un voyage à travers les régions inquiétantes de l'âme : bouleversant, ambigu, vertigineux, Tout ce que j'aimais est le roman d'une génération coupable d'innocence qui se retrouve, vingt ans plus tard, au bout de son beau rêve.
Roman traduit de l'Américain par Christine Le Boeuf
401pages
15 heures de lecture
De retour à New York après l'enterrement de leur père, dans le Minnesota, Erik Davidsen, psychiatre divorcé, et sa sœur, Inga, veuve dévastée et récente d'un écrivain célèbre, découvrent la lettre qu'une femme a jadis adressée au disparu et par laquelle ils apprennent que leur père aurait naguère été impliqué dans une mort mystérieuse. Dès lors, dans une Amérique toujours traumatisée par les événements du 11 Septembre survenus quatre ans plus tôt, tous les personnages qui gravitent autour de la famille Davidsen vont, de proche en proche, être amenés à se confronter à la part la plus opaque de leur être. Conjuguant la mémoire de l'immigration et le thème du secret de famille, pointant les ambiguïtés de la transmission et la difficulté pour tout individu de réinventer sa vie, Siri Hustvedt écrit ici le roman compassionnel de l'inconscient d'une Amérique déchirée entre l'apparente infaillibilité de ses mythologies fondatrices et la profondeur des désarrois qui l'habitent aujourd'hui.
Romanzo storico. La regina Vittoria non regnò per più di mezzo secolo, dovette abdicare nel 1848 davanti alla rivolta dei cartisti, i socialisti inglesi. Si stabili' un regime socialista mite e bucolico, interessato soprattutto a garantire il lavoro a tutti e mantenere l'uguaglianza.
En première lecture, ce livre est un essai sur le film de James Whale (1935), ses origines (le célèbre roman de Mary Shelley), l'écriture de son scénario, le choix de ses acteurs, la relation avec la censure, etc. Mais, plus profondément, c'est un essai sur la création, sur les relations du créateur avec sa création, sur la prédominance de l'acte de création sur tout autres considérations philosophiques, religieuses ou morales. C'est aussi un essai sur le mal, sur la tentation de puissance, sur le vertige des interdits. A sa première apparition, le visage du monstre est présenté par Manguel comme l'une des icônes de notre temps, au même titre que le visage de Greta Garbo... Cela fait partie des nombreuses réussites de ce livre provoquées par ces rapprochements inattendus où nous entraînent l'intelligence et la culture de Manguel. La comparaison, du point de vue de la création pure, entre la Fiancée créée par Frankenstein et la Mariée mise à nu par ses célibataires créée par Duchamp est un grand moment d'analyse et de jubilation ! Enfin, et d'une façon assez classique dans la littérature et le cinéma fantastiques, la monstruosité n'est peut-être pas là où on le penserait. Le monstre n'aspire qu'à une harmonie que la société des hommes " normaux " lui refuse. L'instant de bonheur que connaît le monstre en compagnie d'un vieillard aveugle est une scène magnifiquement décrite...
Série d'éloges qui sont autant de variations sur les sujets les plus variés : la Bible, la librairie, l'horreur, le plaisir, les animaux, le blasphème ou la France.
L'existence d'une bourgade au nord de l'Etat de New York a été bouleversée par l'accident d'un bus de ramassage scolaire, dans lequel ont péri de nombreux enfants du lieu. Les réactions de la petite communauté sont rapportées par les récits de quatre acteurs principaux. Il y a d'abord Dolorès Driscoll, la conductrice du bus scolaire accidenté, femme solide et généreuse, choquée par cette catastrophe. Vient Billy Ansel, le père inconsolable de deux des enfants morts. Ensuite, Mitchell Stephens, un avocat new-yorkais poursuivant avec une hargne passionnée les éventuels responsables de l'accident. Et enfin Nicole Burnell, adolescente promise à tous les succès, qui a perdu l'usage de ses jambes et découvre ses parents grâce à une lucidité chèrement payée. Ces quatre voix font connaître les habitants du village, leur douleur, et ressassent la question lancinante - qui est responsable ? - avec cette étonnante capacité qu'a Russell Banks de se mettre intimement dans la peau de ses personnages.
"Pour moi, Klaus demeurait un jeune homme, en dépit du fait que les gens qui me connaissaient sous ce nom ne me prenaient jamais pour un garçon. Le fossé entre ce que j’étais bien obligée d’admettre devant les autres — à savoir : que j’étais une femme — et mes rêves intérieurs ne me dérangeait pas. En devenant Klaus la nuit, j’avais effectivement brouillé mon genre. Le costume, mon crâne tondu et mon visage nu modifiaient la perception que les gens avaient de moi, et à travers leurs yeux je changeais de personnalité. Jusqu’à ma façon de parler changeait quand j’étais Klaus." Entre ombre et lumière, entre nuit et jour, dans la ville superlative, New York — elle-même personnage à part entière de ces récits —, Iris Vegan, la narratrice, fait l’expérience d’étranges rencontres et de singulières transformations de sa propre identité. Polyptyque à quatre volets, Les Yeux bandés a marqué, lors de sa publication en 1993, l’entrée en littérature d’un talent subtil et incontestable, celui de Siri Hustvedt.
With all the keen literary intelligence familiar from The New York Trilogy or
Sunset Park, Paul Auster crafts an intensely intimate work from a ground-
breaking combination of introspection, meditation and biography.
New York, 1967: un jeune aspirant poète rencontre un énigmatique mécène français et sa sulfureuse maîtresse. Un meurtre scelle bientôt, de New York à Paris, cette communauté de destins placés sous le double signe du désir charnel et de la quête éperdue de justice. Superbe variation sur "l'ère du soupçon", Invisible explore, sur plus de trois décennies, les méandres psychiques de protagonistes immergés dans des relations complexes et tourmentées. Le vertigineux kaléidoscope du roman met en perspective changeante les séductions multiformes d'un récit dont le motif central ne cesse de se déplacer. On se délecte des tribulations du jeune Américain naïf et idéaliste confronté au secret et aux interdits, tout autant qu'on admire l'exercice de haute voltige qu'accomplit ce très singulier roman de formation. Au sommet de son art narratif, Paul Auster interroge les ressorts mêmes de la fiction, au fil d'une fascinante réflexion sur les thèmes de la disparition et de la fuite.