Deux couples, parents respectifs de deux collégiens, tentent de résoudre à l'amiable un conflit entre leurs enfants... Peu à peu, le vernis craque, et sous les apparences lisses, les passions se déchaînent et les deux couples finiront par s'entre-déchirer sous les hurlements de rire du public !
2 adolescents chinois de familles "intellectuelles" sont envoyés en rééducation à la campagne durant la révolution culturelle de 1966. Grâce à la lecture et à la culture, ils vont gagner quelques parcelles de liberté, connaître l'amour et perturber les habitudes ancestrales des villageois.
Grinçant, ironique et cruel, ce récit de la vie d'un couple permet à l'écrivain de transformer une histoire somme toute banale, en un fait de société dont le titre fournit un écho. Véritable crise concernant la place que chacun tient par rapport à l'autre. [SDM]
(...) L'homme au casque, avec sa drôle d'intonation, répète : " je viens de vivre une nuit tout à fait merveilleuse ". Le chevalier hoche la tête comme s'il disait oui, je te comprends, ami. Qui d'autre pourrait te comprendre ? Et puis, il y pense : ayant promis d'être discret, il ne pourra jamais dire à personne ce qu'il a vécu. Mais une indiscrétion après deux cents ans est-elle encore une indiscrétion ? Il lui semble que le Dieu des libertins lui a envoyé cet homme pour qu'il puisse lui parler : pour qu'il puisse être indiscret en tenant en même temps sa promesse de discrétion; pour qu'il puisse déposer un moment de sa vie quelque part dans l'avenir ; le projeter dans l'éternité ; le transformer en gloire. " Tu es vraiment du XXè siècle ?" - Mais oui, mon vieux. Il se passe des choses extraordinaires dans ce siècle. La liberté des mœurs. Je viens de vivre, je le répète une nuit formidable. - "Moi aussi " dit encore une fois le chevalier (...)
Cet essai est écrit comme un roman : au fil de neuf parties indépendantes, les mêmes personnages passent et se croisent : Stravinski et Kafka avec leurs curieux amis, Ansermet et Brod ; Hemingway avec son biographe ; Janacek avec sa petite nation ; Rabelais avec ses héritiers : les grands romanciers. Car l'art du roman est le héros principal du livre : l'esprit de l'humour dont il est né ; sa mystérieuse parenté avec la musique ; son histoire qui se déroule (comme celle de la musique) en trois temps ; l'esthétique de son troisième temps (le roman moderne) ; sa sagesse existentielle. C'est sous l'éclairage de cette « sagesse du roman » que le livre examine les grandes situations de notre ère : les procès moraux intentés contre l'art du siècle, de Céline à Maïakovski ; le temps qui passe et rend incertaine l'identité du « moi » présent avec ce même « moi » d'hier ; le souvenir comme forme de l'oubli ; la pudeur comme notion essentielle d'une époque fondée sur l'individu ; l'indiscrétion qui, devenue habitude et règle, annonce le crépuscule de l'individualisme ; la force mystérieuse de la volonté d'un mort ; les testaments ; les testaments trahis (de l'Europe, de l'art, de l'art du roman, des artistes).