"Partout dans le monde, la question du genre est cruciale. Alors j'aimerais aujourd'hui que nous nous mettions à rêver à un monde différent et à le préparer. Un monde plus équitable. Un monde où les hommes et les femmes seront plus heureux et plus honnêtes envers eux-mêmes. Et voici le point de départ : nous devons élever nos filles autrement. Nous devons élever nos fils autrement." Dans ces deux discours, Chimamanda Ngozi Adichie porte une voix, rare et puissante, d'émancipation.
Romy Hall, 29 ans, vient d’être transférée à la prison pour femmes de Stanville, en Californie. Cette ancienne stripteaseuse doit y purger deux peines consécutives de réclusion à perpétuité, plus six ans, pour avoir tué l’homme qui la harcelait. Dans son malheur, elle se raccroche à une certitude : son fils de 7 ans, Jackson, est en sécurité avec sa mère. Jusqu’au jour où l’administration pénitentiaire lui remet un courrier qui fait tout basculer. Oscillant entre le quotidien de ces détenues, redoutables et attachantes, et la jeunesse de Romy dans le San Francisco de années 1980, Le Mars Club dresse le portrait féroce d’une société en marge de l’Amérique contemporaine.
C’est l’histoire d’une famille, des ruptures et déchirements qui se produisent en son sein, et des efforts déployés par chacun pour œuvrer à la réconciliation. En l’espace d’une soirée, la vie sereine de la famille Sai s’écroule : Kweku, le père, un chirurgien ghanéen extrêmement respecté aux États-Unis, subit une injustice professionnelle criante. Ne pouvant assumer cette humiliation, il abandonne Folá, sa ravissante épouse nigériane, et leurs quatre enfants. Dorénavant, Olu, leur fils aîné, n’aura d’autre but que de vivre la vie que son père aurait dû avoir. Les jumeaux, la belle Taiwo et son frère Kehinde, l'artiste renommé, verront leur adolescence bouleversée par une tragédie qui les hantera longtemps après les faits. Sadie, la petite dernière, jalouse l’ensemble de sa fratrie. Mais l'irruption d'un nouveau drame les oblige tous à se remettre en question. Les expériences et souvenirs de chaque personnage s'entremêlent dans ce roman d'une originalité irrésistible et d'une puissance éblouissante, couvrant plusieurs générations et cultures, en un aller-retour entre l’Afrique de l’Ouest et la banlieue de Boston, entre Londres et New York.
À cinq ans, Grania O'Neill, fille d'un hôtelier d'une petite ville de l'Ontario, devient sourde après une scarlatine. Mamo, sa grand-mère, va lui apprendre à lire et à communiquer d'une autre façon tandis que Tress, sa sœur aînée, l'aide à combattre sa peur du noir. Mais la vie est trop dure et elle devient pensionnaire de l'Institut des Sourds de l'Ontario où elle apprend la langue des signes et la lecture labiale. Après avoir obtenu son diplôme, Grania reste travailler à l'Institut, où elle rencontre Jim Llod, qui est entendant. C'est le coup de foudre. Les deux jeunes gens inventent alors un vocabulaire nouveau, vibrant d'émotion, où le silence joue un rôle extraordinaire. Mais la guerre éclate. Jim se porte volontaire comme brancardier. Deux semaines après leur mariage, il part pour l'Europe, sue le front. Cette superbe histoire d'amour et de guerre est aussi une ode au langage - à ces mots qui consolent, emmurent et délivrent, seules passerelles jetées sur des gouffres créés par la géographie et l'expérience.