Paul et Virginie - Édition spéciale
- 191pages
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Souvent cité par les historiens de la colonisation et du mouvement anti-esclavagiste, le Voyage à l'île de France de Bernardin de Saint-Pierre, publié en 1773, n'avait pas été réédité depuis longtemps, sauf dans une version réduite. Cette première œuvre de l'auteur de Paul et Virginie constitue un témoignage précieux de la lutte contre l'esclavage, exprimant la protestation d'un témoin direct. Cependant, elle ne se limite pas à un pamphlet antiesclavagiste. Dans ce récit, le jeune officier partage ses découvertes et émerveillements avec un naturel désarmant, sans se soucier des conventions littéraires de son temps. Bien qu'il n'ait pas rencontré le succès à sa sortie, son style est en harmonie avec les goûts modernes. Il décrit la misère de la Bretagne sous Louis XV, les angoisses d'une traversée de plus de quatre mois, ainsi que les merveilles de la faune et de la flore, des thons de l'Atlantique aux oiseaux paillencus des Mascareignes. Au retour, après un arrêt à l'île Bourbon et une tempête, il découvre la colonie hollandaise du Cap, qu'il dépeint de manière optimiste. Ce récit offre ainsi une perspective unique sur les réalités de son époque.
Souvent cité par les historiens de la colonisation et du mouvement anti-esclavagiste, le Voyage à l'île de France de Bernardin de Saint-Pierre, publié en 1773, n'avait pas été réédité depuis, sauf dans une version fortement réduite. Cette première œuvre de l'auteur de Paul et Virginie sert de document à la campagne contre l'esclavage des Noirs, exprimant la protestation d'un témoin direct. Toutefois, elle ne se limite pas à un pamphlet antiesclavagiste. En tant que jeune officier, Bernardin de Saint-Pierre raconte ses découvertes et émerveillements avec naturel, sans se soucier des conventions littéraires de son époque. Bien qu'il n'ait pas rencontré le succès à sa publication, son style est en harmonie avec le goût moderne. Il décrit la misère de la Bretagne sous Louis XV, les angoisses d'une traversée de plus de quatre mois, ainsi que les beautés de la faune et de la flore rencontrées, des thons de l'Atlantique aux oiseaux des Mascareignes. Au retour, après un bref arrêt à l'île Bourbon et une tempête observée depuis la terre, il découvre la colonie hollandaise du Cap, qu'il dépeint de manière positive, offrant ainsi un aperçu de l'Afrique du Sud d'avant l'apartheid.
Tout l'équipage se précipitait en foule à la mer, sur des vergues, des planches, des cages à poules, des tables, et des tonneaux. On vit alors un objet digne d'une éternelle pitié : une jeune demoiselle parut dans la galerie de la poupe du Saint-Géran. C'était Virginie. Tous les matelots s'étaient jetés à la mer. I1 n'en restait plus qu'un sur le pont, qui était tout nu et nerveux comme Hercule. I1 s'approcha de Virginie avec respect : nous le vîmes se jeter à ses genoux, et s'efforcer même de lui ôter ses habits; mais elle, le repoussant avec dignité, détourna de lui sa vue... Dans ce moment une montagne d'eau d'une effroyable grandeur s'avança en rugissant vers le vaisseau. A cette terrible vue le matelot s'élança seul à la mer; et Virginie parut un ange qui prend son vol vers les cieux.