Evocation d'une ville, roman de formation et réflexion sur la mélancolie, Istanbul est tout cela à la fois. Au fil des pages, Orhan Pamuk se remémore ses promenades d'enfant et nous entraîne, à travers ruelles et jardins, sur les rives du Bosphore, dessinant le portrait fascinant d'une métropole en déclin. Ancienne capitale d'un vaste empire, Istanbul se cherche une identité, entre tradition et modernité, religion et laïcité, et les changements qui altèrent son visage n'échappent pas au regard de l'écrivain, d'autant que ces transformations accompagnent une autre déchirure, intime et douloureuse, celle provoquée par la lente désagrégation de la famille Pamuk. Dans cette œuvre foisonnante, magistralement composée et richement illustrée, Orhan Pamuk, en quête de l'âme mélancolique de sa ville natale, nous propose de remonter avec lui le temps de son éducation sentimentale et, in fine, de lire le roman de la naissance d'un écrivain.
Şemsa Gezgin Livres



Neige
- 624pages
- 22 heures de lecture
Le jeune poète turc Ka quitte son exil allemand pour se rendre à Kars, une petite ville provinciale endormie d'Anatolie. Pour le compte d'un journal d'Istanbul, il part enquêter sur plusieurs cas de suicide de jeunes femmes portant le foulard. Mais Ka désire aussi retrouver la belle Ipek, ancienne camarade de faculté fraîchement divorcée. A peine arrivé dans la ville de Kars, en pleine effervescence en raison des prochaines élections, il est l'objet de diverses sollicitudes : le chef de la police locale, la soeur d'Ipek, l'islamiste radical Lazuli vivant dans la clandestinité, ou l'acteur républicain Sunay, tous essaient de le rallier à leur cause. Mais ka avance, comme dans un rêve, voyant tout à travers le filtre de son inspiration poétique retrouvée, stimulée par sa passion grandissante pour Ipek, et le voile de neige qui couvre la ville. Jusqu'au soir où une représentation théâtrale se transforme en putsch militaire et tourne au carnage. Un extraordinaire roman à suspense qui, jouant habilement avec des sujets politiques très contemporains, comme l'identité de la société turque et la nature du fanatisme religieux, surprend par ce ton poétique et nostalgique qui, telle la neige, nimbe chaque page.
Altri colori
- 523pages
- 19 heures de lecture
Quando un terremoto, alla fine degli anni Novanta, devastò Istanbul causando più di trentamila morti, Pamuk decise di percorrere le strade della sua città per prestare soccorso alle vittime e osservare, con gli occhi dello scrittore, le conseguenze del sisma. Il terremoto è soltanto l'ultimo dei disastri che hanno colpito Istanbul nel corso dei secoli: incendi, assedi, conquiste, invasioni, rivoluzioni sono gli agenti di una distruzione che ciclicamente ridisegna il volto della città. Eppure camminare tra le macerie, osservare i palazzi sventrati e le vite annientate, vivere in prima persona l'angoscia della prossima apocalittica scossa, conduce Pamuk a una scoperta sorprendente: epoche, popoli e tradizioni (bizantini, greci, armeni, ottomani...) a Istanbul non si sostituiscono ma si sovrappongono come sedimenti geologici, come gli strati successivi di rovine che si accumulano le une sulle altre. Tocca al romanziere inoltrarsi nelle profondità di questo territorio e opporre all'opera devastatrice del tempo e della storia il gesto riparatore della scrittura. E veramente è un gesto, un movimento: quello di chi scende in strada e diventa testimone oculare, di chi si addentra nella complessità dei fenomeni con la leggerezza e la sensibilità del flâneur e poi torna alla scrivania, armato solo della sua immaginazione, e scrive. «Ciò di cui ho bisogno non è tanto la letteratura in sé, ma il rimanere solo in una stanza a fantasticare»: in questo bisogno, in questa necessità di sofferta solitudine, di esilio allo stesso tempo desiderato e subìto, si nasconde la fedeltà alla propria vocazione. Così, all'opera distruttrice del tempo e degli uomini, lo scrittore oppone la forza solitaria, disarmata e necessaria della letteratura.