Ora décide de quitter Jérusalem et de partir effectuer une randonnée à travers le pays pendant 28 jours. Durant cette période, son fils, Ofer s'est porté volontaire pour une mission dans une ville palestinienne. Ora pense que si elle n'est pas présente pour apprendre la nouvelle de sa mort, son fils vivra. Elle part en compagnie de son amour de jeunesse, Avram.--[Memento]
« Tu veux jouer à inventer des histoires ? Un chapitre chacun ? Je commence ? Il était une fois un village que ses habitants avaient déserté. Même les chats et les chiens étaient partis. Et les oiseaux aussi. » Le petit garçon qui joue ainsi à inventer des histoires à la demande de sa mère est devenu un grand romancier. Sa mère n'est plus là, mais il tient malgré tout à poursuivre le récit de l'existence tumultueuse de sa famille et de ses aïeux. Son récit quitte donc le quartier modeste de Jérusalem où il est né, remonte le temps, retourne en Ukraine et en Lituanie, et fait revivre tous les acteurs de cette tragi-comédie familiale, qu'ils soient prophète tolstoïen, séducteur impénitent, mauvais poète, kibboutznik idéaliste, ou vrai savant. Leurs vies sont parfois broyées par la grande Histoire – l'Europe les rejette, l'Orient se montre hostile – et toujours marquées par leurs propres drames intimes, illusions perdues et rêves avortés. Au cœur d'une narration riche, d'une ampleur et d'une puissance romanesque jusque-là inconnues dans l'œuvre d'Amos Oz, la disparition tragique de la mère demeure la question à laquelle ce roman cherche une réponse. Une histoire d'amour et de ténèbres est un livre bouleversant où l'histoire d'un peuple et la vérité d'un homme se confondent.
Lorsque Ya'ara, la jeune narratrice de ce roman, fait la connaissance d'Arieh, un ami de jeunesse de son père, elle ressent immédiatement une étrange fascination pour lui, sans se douter toutefois que ce sentiment se transformera en une obsession qui éclipsera tout ce qui faisait sa vie jusque-là : les convenances d'abord, quand elle n'hésite pas à provoquer les premiers attouchements dans une cabine d'essayage d'un grand magasin, ou dans les toilettes de l'hôpital où la femme d'Arieh se meurt. Sa vie professionnelle ensuite, en oubliant systématiquement ses cours et ses rendez-vous à la faculté, afin de pouvoir suivre Arieh dans ses explorations sexuelles de plus en plus osées. Son mariage évidemment, qu'elle met en péril en disparaissant quelques heures seulement avant un voyage à Istanbul dont son mari lui avait fait cadeau. Sa dignité enfin, lorsqu'elle accepte de rester prisonnière dans la chambre d'Arieh pour qu'il puisse lui faire l'amour entre les visites de condoléances qui ponctuent la semaine de deuil rituel après la mort de sa femme. Mais Vie amoureuse est plus que le récit d'une passion, plus que le portrait d'une femme que rien n'arrête dans l'exploration de ses désirs, au mépris de sa famille et de la société : c'est une plongée vertigineuse dans la conscience d'une femme décidée d'aller au bout d'elle-même, au prix d'une douloureuse quête du passé et des blessures enfouies de l'histoire familiale.