Œuvres Complètes - 18: Écrits autobiographiques
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"Ah ! comme je suis mal fait pour ma part..." Cette phrase illustre la complexité du rapport de Ramuz à l'écriture autobiographique. Pour l'écrivain, sa trajectoire personnelle et les événements qui l'ont jalonnée ne méritent pas d'être partagés. Sa vie lui semble anecdotique, et il refuse de lui attribuer une qualité exceptionnelle, malgré ses interactions avec des personnalités marquantes et son rôle dans l'histoire littéraire. Il écrit : "Toute sa vie, on va, on fait : et c'est toujours comme si on n'avait pas avancé." Pourtant, Ramuz évoque souvent sa propre expérience, utilisant la première personne pour justifier sa vision, comme le montrent ses essais des années 1930. À l'exception de Découverte du monde, son approche autobiographique suit le principe de généralisation qui caractérise son essai. Dans Souvenirs sur Igor Strawinsky et René Auberjonois, la remémoration sert à explorer la condition de l'artiste plutôt qu'à évoquer des relations amicales. Dans Vendanges, Une main et Paris, l'expérience individuelle est présentée comme exemplaire, accessible au lecteur, d'où l'utilisation de figurations de soi qui maintiennent une distance avec l'intime. Le "petit Vaudois" et le "petit garçon" sont des incarnations d'une relation au réel que Ramuz offre à son public comme un miroir. Le volume réunit six récits autobiographiques publiés, ainsi que dix-sept textes, dont huit inédits, proches de l'écriture intime.
