1805 à Moscou, en ces temps de paix fragile, les Bolkonsky, les Rostov et les Bézoukhov constituent les personnages principaux d'une chronique familiale. Une fresque sociale où l'aristocratie, de Moscou à Saint-Pétersbourg, entre grandeur et misérabilisme, se prend au jeu de l'ambition sociale, des mesquineries, des premiers émois. 1812, la guerre éclate et peu à peu les personnages imaginaires évoluent au sein même des événements historiques. Le conte social, dépassant les ressorts de l'intrigue psychologique, prend une dimension d'épopée historique et se change en récit d'une époque. La "Guerre" selon Tolstoï, c'est celle menée contre Napoléon par l'armée d'Alexandre, c'est la bataille d'Austerlitz, l'invasion de la Russie, l'incendie de Moscou, puis la retraite des armées napoléoniennes. Entre les deux romans de sa fresque, le portrait d'une classe sociale et le récit historique, Tolstoï tend une passerelle, livrant une réflexion philosophique sur le décalage de la volonté humaine aliénée à l'inéluctable marche de l'Histoire ou lorsque le destin façonne les hommes malgré eux. --Lénaïc Gravis et Jocelyn Blériot
Feliks Topolski Ordre des livres (chronologique)


Un professeur parie avec un ami qu'il peut apprendre à une jeune fleuriste à parler et à se comporter comme une duchesse en quelques mois. L'histoire de la pièce de Shaw, qui évoque subtilement le conte de Cendrillon, est simple mais regorge de charmes bienveillants et d'un humour britannique aiguisé. Chaque phrase suscite une attente joyeusement excitée pour la suite de l'intrigue. Les personnages sont de véritables Anglais vivants. La complexité des relations humaines est rafraîchissante, surtout lorsque les protagonistes viennent de différentes couches sociales. Eliza a le talent et le désir de comprendre davantage – et malgré sa jeunesse, elle sait que chaque changement entraîne des gains et des pertes. S'adapter excessivement aux pressions extérieures signifie perdre son originalité, perdre ce qu'il y a de plus précieux – soi-même. Il n'est donc pas surprenant que celui qui a de meilleures manières ne soit finalement pas le professeur Higgins. Ce dernier apprend que personne n'a le droit de vivre la vie de l'autre, que personne ne peut être pleinement possédé. Malgré cette vérité, la pièce suggère une fin heureuse.