Philippe Djian est un auteur français réputé pour son honnêteté brute et son regard pénétrant sur la psyché humaine. Ses œuvres explorent souvent les thèmes de la passion, de l'obsession et de la fragilité des relations humaines. Le style de Djian se caractérise par son énergie et sa capacité à capturer des émotions brutes et la tension entre les personnages. Son écriture entraîne les lecteurs dans les aspects les plus sombres et les plus lumineux de l'expérience humaine.
Francis, écrivain vivant dans le Pays basque français avec sa seconde épouse Judith, découvre la disparition de sa fille Alice, une jeune actrice. Ses recherches révèlent qu'elle se cache volontairement et que sa femme le trompe. En colère, il décide de se détourner définitivement d'Alice.
" Pour finir, la température est tombée. Au dehors, Noël approche. Les sapins viennent de Chine. A l'intérieur des poitrines les coeurs brûlent, jour et nuit. Voyez Irène qui a pris un amant et Victor s'élevant dans les airs. David qui s'est réveillé chez les fous et Marc chez les Sexoliques Anonymes. Edith qui se marie, Sonia qui est plaquée. Etc. On pourrait multiplier les exemples. Tandis que le décor va bientôt éclater comme une noisette de cristal sous l'effet du froid ultrasibérien désormais installé. On aurait aimé parler de choses drôles et légères, ou même sérieuses, mais un écrivain ne fait jamais ce qu'il veut. Un écrivain est toujours occupé à se battre. Parfois, on a l'impression de s'être engagé dans la Légion. Tellement le chemin est long et pénible - le chemin secret, s'entend ". Ph. Djian.
" Conscient du problème, résolu à devenir un honnête homme, Marc rejoint les Sexoliques Anonymes - et il était temps, car être Sexuel Dépendant n'est pas une vie - tandis que David en profite pour poignarder Joël, ce qui le conduit tout droit chez les fous. Le temps demeure incroyablement doux, cependant. Un couple de vautours est apparu en ville. D'autres se contentent d'une rage de dents. L'occasion, pour Paul, de se conduire très odieusement. Quant à Irène, que dire de l'hébétude où la plongent les agissements de son diable de mari ? Et quant aux différentes femmes de l'histoire, que dire de leur désarroi général, voyant à quel genre d'hommes elles ont affaire ? Personnellement, je pense qu'elles ne valent pas mieux. Et que le seul devoir d'un écrivain est de travailler son style. " Ph. Djian.
"Betty était allongée sur le lit. Elle était tout habillée, elle me tournait le dos. [...] Putain de merde je me suis dit tout au fond de moi en la regardant respirer. Le silence ressemblait à une pluie de paillettes tombant sur une tartine de colle. On avait toujours pas échangé un mot.» Betty est entrée dans sa vie, valise en main, un matin, et elle était la plus belle. Pour elle, il était le plus grand écrivain de sa génération. C'est que Betty a des exigences de vie que l'écrivain sans éditeur s'essaie à combler. Sans répit, ils se lancent dans une histoire qui refuse toute médiocrité. Pourtant les galères s'enchaînent, à croire qu'il est des gens qui n'ont pas le bonheur facile. Alors, il faut l'arracher à la vie, ce bonheur, à s'en abîmer les ongles, à force d'être à fleur de peau.
De vingt à trente ans, Philippe Djian a lu comme un fou. Il a lu comme on court sous un orage, recevant chacun de ces livres majeurs comme un cadeau et une leçon heureuse. Parmi ces livres, il en a retenu dix dont il nous offre sa lecture personnelle. "L'Attrape-cœurs" de Jérôme David Salinger "Mort à crédit" de Louis-Ferdinand Céline "Du monde entier" de Blaise Cendrars "Sur la route" de Jack Kerouac "Moby Dick" de Herman Melville "La Crucifixion en rose" de Henry Miller "Tandis que j'agonise" de William Faulkner "Le Vieil Homme et la mer" de Ernest Hemingway L'intégrale de Richard Brautigan L'intégrale de Raymond Carver Après le phénomène "37 °2 le matin" et le succès de son dernier roman "Vers chez les blancs", "Ardoise" est un texte insolite et profondément original. Loin de la pédagogie mesquine, du règlement de comptes sournois et des magouilles d'épiciers, Philippe Djian parle des livres comme il faut le faire, avec les accents bouleversants d'un amant forcené.
Onze histoires. Onze tranches de vie où le quotidien, le tristement banal, la bureaucratie, la médiocrité, le bête et méchant, les petits boulots mal payés sont disséqués par le regard incisif d'un héros sur lequel la société ne mise pas même à cinquante contre un. Onze rêves avortés, onze révoltes vouées à l'échec, onze drames dérisoires, des filles belles ou moins belles, des bières plus ou moins tièdes, quelques actes de violence, jamais prémédités... On connaît l'univers de Philippe Djian. Ce recueil, c'est onze histoires de tendresse (car l'amour est un mot qui fait peur), d'intelligence, de sensibilité. Onze histoires dont nous avons tous vécu le début, et dont nous découvrons la fin. Une fin qui dérange.
Des minables en cavale. Une écriture qui transcende le genre. Un auteur à retenir. Peut déplaire. Argot, violence et morts. Rien à ajouter à cette notice "prophétique", sauf que, depuis (1982), l'auteur a fait son chemin dans la littérature et le cinéma.
Dans le monde glamour du show-business et des médias, le corps d'une jeune fille est retrouvé dans un lac. Son frère, plongé dans le monde de la drogue, devient le suspect idéal.
« Certaines journées d'automne sont propices à la fécondation des emmerdements futurs ». Le ton du troisième volet de cette trilogie est donné.La maison du narrateur, Luc Paradis, est plantée au sommet d'une colline boisée. De sa situation, il domine toute la vallée de la Sainte-Bob, où évoluent d'un côté les personnages d'Assassins et de l'autre ceux de Criminels. On l'aura compris, Luc est écrivain, et nous assistons à la rédaction en parallèle d'Assassins et de Criminels. Depuis trois ans qu'il est divorcé d'Eileen, il s'est réfugié dans l'alcool et l'écriture, qui pour lui a fonction de thérapie. Il s'est aménagé un bureau sous les combles. Une visite de temps à autre à Juliette Montblah, sa psy, lui permet d'endiguer le mélange de violence et de déprime qui le mine.En cette journée d'automne donc, débarque Josiane, une rousse flamboyante de soixante-trois ans. Elle est la mère d'Eileen. Luc et Josiane vont cohabiter tant bien que mal, improvisant au jour le jour, dans un climat équivoque - particulièrement lourd d'ambiguïté sexuelle... -, le début d'un marivaudage glauque et sombre, comme seul Philippe Djian en a le secret.