Ondine
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Jean Giraudoux fut un romancier, essayiste, diplomate et dramaturge français, dont l'œuvre se distingue par son élégance stylistique et sa fantaisie poétique. Son thème dominant explore la relation entre l'homme et la femme, ou dans certains cas, entre l'être humain et un idéal inaccessible. Giraudoux acquit une renommée internationale principalement grâce à ses pièces de théâtre, qui furent appréciées pour leur originalité et leur profondeur.







C’était un de ces jours où rien n’arrive, où la vie semble monotone. Les astres, d’habitude occupés à varier le ciel, se côtoient sans emploi. Le soleil brille, tandis que la lune se cache sous une housse. Nuit et matin se mélangent dans une lumière radieuse. Le vent du Sud rencontre le vent d’Est, et des souffles doux caressent l’air. Les cloches sonnent, leur son est adouci par la chaleur. Les gens se tiennent aux portes, profitant de l'ombre au soleil. Le facteur zigzague d’un trottoir à l’autre, ivre de beau temps, prenant son temps pour décacheter chaque enveloppe. Une lettre avec un timbre australien attire mon attention, et je rougis, comme toujours, à l’évocation d’un pays étranger. À dix-huit ans, je suis heureuse, vivant avec mon tuteur dans une maison longue, dont chaque fenêtre donne sur la ville et sur des paysages de ruisseaux et de collines, témoins d’une terre déjà bien exploitée, le Limousin. Suzanne, cette jeune fille épanouie, décide de voyager, mais un incendie se déclare à bord du paquebot, plongeant son aventure dans l’incertitude. Jean Giraudoux, avec sa fantaisie, imagine une robinsonne moderne, confrontée à des défis inattendus.
Jupiter, dit la légende, pour séduire les mortelles, se métamorphosait en pluie d’or, en cygne, en taureau. Pour Alcmène, il devint son mari, Amphitryon, et Mercure prit l’apparence de Sosie, son serviteur. Plaute en fit une comédie dont beaucoup s’inspirèrent, comme Molière. Giraudoux imagina une nouvelle version du mythe, la trente-huitième ! La fidèle Alcmène résiste à Jupiter et refuse l’immortalité, au nom des «féeries de la vie humaine » : l’amour conjugal, la fraîcheur sensuelle, l’amitié.Esprit exceptionnel, Giraudoux nous séduit. Poète plein de fantaisie et d’humour, il nous enchante. Il est l’un des plus grands écrivains du xxe siècle. « Il peignait des demi-dieux à l’usage du demi-dieu qui parfois veille en chacun de nous, qui, le plus souvent, y dort à poings fermés. »
Agamemnon, le Roi des Rois, a sacrifié sa fille aux dieux.Son épouse, Clytemnestre, l'assassine à son retour de la guerre de Troie, aidée de son amant, Egisthe. Oreste, le fils unique, est banni. Reste Electre, la seconde fille. « Elle ne fait rien, elle ne dit rien. Mais elle est là. » Aussi Egisthe veut-il la marier pour détourner sur « la famille des Théocathoclès tout ce qui risque de jeter quelque jour un lustre fâcheux sur la famille des Atrides ». Mais Oreste revient et désormais Electre n'est plus que haine, assoiffée de justice et de vengeance au mépris de la menace qui pèse sur le royaume des siens.Sur ce grand mythe de l'Antiquité, Jean Giraudoux a écrit dans doute sa meilleure pièce. Electre possède une grande force tragique sans jamais perdre cet esprit étincelant, cet humour qui ont fait de Jean Giraudoux l'un des plus grands écrivains du XXe siècle.
"Cette pièce, l'une des plus jouées de Giraudoux, reflète l'originalité de sa dramaturgie. Entre mythe, humour et tragédie l'auteur traite à la lumière de ses effets stylistiques, l'actualité de la montée des périls. La pièce se situe avant l'acte de guerre : Hélène est retenue prisonnière bien que Paris ne l'aime plus, Hector au nom de Troie et Ulysse, pour la Grèce tentent de sauver la paix.
Un Français, le Limousin Forestier, grièvement blessé dans les lignes allemandes durant la guerre de 14, est ramassé, amnésique, sans identité, par le major Schiff de Stralsund qui en fera un grand intellectuel allemand. Un ami français le reconnaît quelques années plus tard à Munich... Giraudoux nous parle de l'Allemagne de Goethe et de Weimar, de Nuremberg, de Dürer et de Louis II.
A la terrasse de Chez Francis, place de l'Alma, quatre louches personnages complotent de mettre la ville en coupe rA(c)glA(c)e. Dans un moment, le jeune Pierre doit dynamiter la maison de l'ingA(c)nieur qui interdit les forages du sous-sol parisien grA[ce auxquels ils espA]rent appA[ter les A gogos A. Mais Pierre renonce. C'est son suicide manquA(c) qui apprend A AurA(c)lie, la Folle de Chaillot, sublime clocharde, que le monde n'est ni si beau ni si pur qu'elle veut bien le croire. Alors elle dA(c)cide de le purger de ses escrocs, de ses profiteurs. Elle les attirera avec l'annonce d'un jaillissement de pA(c)trole et les fera disparaA(R)tre dans l'oubliette dont 1'Egoutier lui a rA(c)vA(c)lA(c) l'existence. La Folle de Chaillot, piA]ce posthume, est un des derniers et des meilleurs exemples de l'art de Jean Giraudoux qui sait allier l'humour et la poA(c)sie A un sens aigu du rA(c)el.A
Une nouvelle guerre, quand la précédente s'achève à peine, et qu'on a juré qu'elle serait la dernière? Et que la prochaine s'annonce perdue d'avance? Deux heures pour faire défiler le personnel de l'Iliade, plus près de la tragédie que de l'opérette. La tribu royale, assemblage de belle-mère, de belles-sœurs et de beau-père, est bouleversée par l'arrivée d'une bru un peu trop voyante : la belle Hélène remise en scène en femme fatale. La guerre de Troie n'aura pas lieu, créée par Louis Jouvet à la fin de l'année 1935, d'abord brûlante de l'actualité d'avant-guerre, s'est révélée intemporelle. La plus célèbre pièce de Jean Giraudoux a été traduite de pays en pays et reprise de guerre en guerre et de siècle en siècle. La guerre est-elle fatale? Deux heures d'angoisse éclairées par l'humour, politesse du désespoir.
Depuis quelque temps les habitants de la petite ville, sous l'effet d'une influence inconnue, se comportent d'étrange façon ; " toute la morale bourgeoise est cul pardessus tête ". Un spectre est d'ailleurs signalé. Les sœurs Mangebois accusent l'institutrice d'être la responsable des évènements. Il est vrai que la charmante Isabelle retrouve le fantôme tous les soirs. Spécialiste de la chasse au surnaturel et venant exprès de Limoges pour rétablir l'ordre, l'inspecteur d'Académie tend un piège au spectre... et échoue. C'est l'Amour qui réussit à désenchanter Isabelle et tout redevient normal : " L'argent va de nouveau aux riches, les bonheurs aux heureux, la femme au séducteur ". Intermezzo, comédie en trois actes où le magicien Giraudoux a donné libre cours à sa fantaisie et à sa verve, étincelle d'esprit.