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Frères migrants

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La poésie n'est au service de rien et n'en reçoit aucun. Elle existe sans résistance, s'opposant à tout ce qui nuit à la dignité et à la décence, signalant les atteintes aux beautés relationnelles du vivant. Lorsqu'un événement inacceptable survenait, Edouard Glissant me contactait, affirmant : "On ne peut pas laisser passer cela !" Ce "on ne peut pas" était toujours étrange, car nous n'avions aucun pouvoir ni connexion à une autorité. Notre seule force résidait dans notre indignation. C'est sur cette fragilité qu'il fondait son droit et son devoir d'intervenir, se référant à l'espace des poètes et des êtres humains sensibles. Bien que je ne sois pas poète, face à la situation des migrants à travers le monde, j'ai ressenti l'appel de Glissant, semblable à celui de mes amies vigilantes. Cette déclaration ne changera pas la barbarie des frontières ni les crimes qui s'y déroulent. Elle vise simplement à esquisser un autre imaginaire du monde en nous. Ce n'est pas grand-chose, juste une lueur pour l'esprit, peut-être une de ces lucioles pour lesquelles Pier Paolo Pasolini aurait donné sa vie.

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Frères migrants, Patrick Chamoiseau

Langue
Année de publication
2018
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3,8
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Titre
Frères migrants
Langue
Français
Éditeur
Seuil
Publié
2018
Format
souple
Pages
144
ISBN10
2757871412
ISBN13
9782757871416
Séries
Évaluation
3,75 sur 5
Description
La poésie n'est au service de rien et n'en reçoit aucun. Elle existe sans résistance, s'opposant à tout ce qui nuit à la dignité et à la décence, signalant les atteintes aux beautés relationnelles du vivant. Lorsqu'un événement inacceptable survenait, Edouard Glissant me contactait, affirmant : "On ne peut pas laisser passer cela !" Ce "on ne peut pas" était toujours étrange, car nous n'avions aucun pouvoir ni connexion à une autorité. Notre seule force résidait dans notre indignation. C'est sur cette fragilité qu'il fondait son droit et son devoir d'intervenir, se référant à l'espace des poètes et des êtres humains sensibles. Bien que je ne sois pas poète, face à la situation des migrants à travers le monde, j'ai ressenti l'appel de Glissant, semblable à celui de mes amies vigilantes. Cette déclaration ne changera pas la barbarie des frontières ni les crimes qui s'y déroulent. Elle vise simplement à esquisser un autre imaginaire du monde en nous. Ce n'est pas grand-chose, juste une lueur pour l'esprit, peut-être une de ces lucioles pour lesquelles Pier Paolo Pasolini aurait donné sa vie.