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L'homme qui mangeait la mort

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  • 96pages
  • 4 heures de lecture

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De sa main droite, Popier enregistrait les condamnations, de la gauche, il arrachait de petits morceaux de celle qu'il avait volée, les portait à sa bouche en faisant attention à ce qu'on ne le voie pas et les avalait après les avoir humectés sous sa langue. Puis sa main se glissait à nouveau sous son vêtement, à la recherche d'une autre bouchée. C'est ainsi que Jean-Louis Popier, greffier du tribunal institué par la grande Révolution française, mangea sa deuxième mort. C'était la première qu'il mangeait intentionnellement. Le papier était moins fade que celui de la nuit passée, l'encre ne lui donnait plus la nausée. Les deux matières avaient désormais le goût sucré de sa volonté. L'individu évoqué ici sous le nom de " l'homme qui mangeait la mort " fait partie de la multitude des petites gens dont les manuels parlent peu. Si les historiens de métier voient là une raison de s'en détourner pour se consacrer à ses contemporains plus illustres tels que Danton, Robespierre et Marat, cela ne saura qu'inciter davantage les écrivains, ces profanateurs de tombeaux, à tenter de la sauver de l'oubli.

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L'homme qui mangeait la mort, Borislav Pekić, Mireille Mardon-Robinson

Langue
Année de publication
2005
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4,1
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Titre
L'homme qui mangeait la mort
Langue
Français
Éditeur
Agone
Publié
2005
Format
souple
Pages
96
ISBN10
2748900448
ISBN13
9782748900446
Séries
Évaluation
4,1 sur 5
Description
De sa main droite, Popier enregistrait les condamnations, de la gauche, il arrachait de petits morceaux de celle qu'il avait volée, les portait à sa bouche en faisant attention à ce qu'on ne le voie pas et les avalait après les avoir humectés sous sa langue. Puis sa main se glissait à nouveau sous son vêtement, à la recherche d'une autre bouchée. C'est ainsi que Jean-Louis Popier, greffier du tribunal institué par la grande Révolution française, mangea sa deuxième mort. C'était la première qu'il mangeait intentionnellement. Le papier était moins fade que celui de la nuit passée, l'encre ne lui donnait plus la nausée. Les deux matières avaient désormais le goût sucré de sa volonté. L'individu évoqué ici sous le nom de " l'homme qui mangeait la mort " fait partie de la multitude des petites gens dont les manuels parlent peu. Si les historiens de métier voient là une raison de s'en détourner pour se consacrer à ses contemporains plus illustres tels que Danton, Robespierre et Marat, cela ne saura qu'inciter davantage les écrivains, ces profanateurs de tombeaux, à tenter de la sauver de l'oubli.