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L'Enfance est un rêve d'enfant

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Quatrième de couverture:«Au cours de la deuxième partie du XXᵉ siècle, époque où j’ai vécu mon enfance, fin septembre à Marseille il faisait aussi beau qu’en plein mois de juillet. En sortant de classe le soleil était toutefois plus orangé, et la rue Paradis se trouvait presque à l’ombre. Quand on passait par le square Monticelli, on avait l’impression de traverser une scène éclairée a giorno tant les rayons y tombaient dru comme d’un pommeau de douche. On s’arrêtait souvent cartable au sol pour regarder les fusées qui en ce temps-là tentaient leur chance pour atteindre la Lune. La plupart étaient obligées de rebrousser chemin, d’autres explosaient ou devaient se mettre en orbite autour de la Terre jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ce n’étaient le plus souvent que des rats, des chiens, des chats, qui périssaient par manque d’oxygène attachés à leur siège en contemplant l’espace, ou qui se désintégraient soudain comme des baudruches. Lorsqu’un homme s’aventurait là-haut, il bénéficiait d’une série de reportages, et s’il mourait on enterrait un cercueil vide à son nom dans le plus beau cimetière de Paris. La conquête de l’espace nous fascinait, nous aurions volontiers pris la place de la caniche Lola, quitté à être déviés comme elle de notre trajectoire et à filer vers le Soleil où elle grillerait un jour après des années d’une course folle, merveilleuse et désespérée.»

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L'Enfance est un rêve d'enfant, Régis Jauffret

Langue
Année de publication
2004
Reliure
(souple)
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Titre
L'Enfance est un rêve d'enfant
Langue
Français
Éditeur
Verticales
Publié
2004
Format
souple
Pages
224
ISBN10
2843352126
ISBN13
9782843352126
Séries
Mots clés
France
Description
Quatrième de couverture:«Au cours de la deuxième partie du XXᵉ siècle, époque où j’ai vécu mon enfance, fin septembre à Marseille il faisait aussi beau qu’en plein mois de juillet. En sortant de classe le soleil était toutefois plus orangé, et la rue Paradis se trouvait presque à l’ombre. Quand on passait par le square Monticelli, on avait l’impression de traverser une scène éclairée a giorno tant les rayons y tombaient dru comme d’un pommeau de douche. On s’arrêtait souvent cartable au sol pour regarder les fusées qui en ce temps-là tentaient leur chance pour atteindre la Lune. La plupart étaient obligées de rebrousser chemin, d’autres explosaient ou devaient se mettre en orbite autour de la Terre jusqu’à ce que mort s’ensuive. Ce n’étaient le plus souvent que des rats, des chiens, des chats, qui périssaient par manque d’oxygène attachés à leur siège en contemplant l’espace, ou qui se désintégraient soudain comme des baudruches. Lorsqu’un homme s’aventurait là-haut, il bénéficiait d’une série de reportages, et s’il mourait on enterrait un cercueil vide à son nom dans le plus beau cimetière de Paris. La conquête de l’espace nous fascinait, nous aurions volontiers pris la place de la caniche Lola, quitté à être déviés comme elle de notre trajectoire et à filer vers le Soleil où elle grillerait un jour après des années d’une course folle, merveilleuse et désespérée.»