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Les Bois de l'aube

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  • 128pages
  • 5 heures de lecture

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"Un gars s'élance pour que la lame repasse dans la plaie, pour en écarter encore les bords. Sa réussite va me remettre le nez dans la honte. Il attrape la corde, se hisse à la force des bras, ramène les jambes et cale son appui solidement entre ses baskets, prêt à répéter l'opération. C'est si facile.Si facile, si facile, si facile. Une voix diabolique me le serine.Il s'élève lestement vers le paradis, vers la lumière, vers l'approbation du professeur. Alex. En une poignée de secondes, le voilà arrivé tout en haut. La tête m'en tourne. Mon diaphragme se contracte. Quelque chose remonte dans mon oesophage. Il nous regarde en souriant. Heureux. Beau. Je voudrais vomir ma débilité, ma nullité, mon nom, mon moi, vomir mon corps. Me retourner comme un gant dans un spasme de rejet.Jamais je ne me prénommerai Alex, jamais je n'aurai ce sourire, jamais la force de ces cuisses et de ces bras-là. Condamnation sans appel. Son inaccessibilité est une pointe dans ma chair. Mon coeur retombe comme une balle après avoir été lancé vers lui. Une acide envie me corrompt."

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Les Bois de l'aube, Jérôme d'Astier

Langue
Année de publication
2002
Reliure
(souple),
État du livre
Bon
Prix
5,59 €

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Titre
Les Bois de l'aube
Langue
Français
Éditeur
GALLIMARD
Publié
2002
Format
souple
Pages
128
ISBN10
2070765261
ISBN13
9782070765263
Séries
Description
"Un gars s'élance pour que la lame repasse dans la plaie, pour en écarter encore les bords. Sa réussite va me remettre le nez dans la honte. Il attrape la corde, se hisse à la force des bras, ramène les jambes et cale son appui solidement entre ses baskets, prêt à répéter l'opération. C'est si facile.Si facile, si facile, si facile. Une voix diabolique me le serine.Il s'élève lestement vers le paradis, vers la lumière, vers l'approbation du professeur. Alex. En une poignée de secondes, le voilà arrivé tout en haut. La tête m'en tourne. Mon diaphragme se contracte. Quelque chose remonte dans mon oesophage. Il nous regarde en souriant. Heureux. Beau. Je voudrais vomir ma débilité, ma nullité, mon nom, mon moi, vomir mon corps. Me retourner comme un gant dans un spasme de rejet.Jamais je ne me prénommerai Alex, jamais je n'aurai ce sourire, jamais la force de ces cuisses et de ces bras-là. Condamnation sans appel. Son inaccessibilité est une pointe dans ma chair. Mon coeur retombe comme une balle après avoir été lancé vers lui. Une acide envie me corrompt."