Récit satirique dont les victimes sont les jeunes chercheurs et chercheuses du Centre national de la recherche scientifique (C.N.R.S.). Un bon roman à propos des moeurs contemporaines.
Jean Dutourd Livres







Le socialisme à tête de linotte
- 253pages
- 9 heures de lecture
Il semble bien que le "communisme à visage humain" n'existe pas. En revanche, le socialisme à tête de linotte existe parfaitement. C'est une invention française. Elle a ceci d'original qu'on est à peu près sûr que l'étranger ne nous la volera pas pour l'exploiter à notre place. M. Mitterrand, accroupi sur la linotte, l'a couvée pendant vingt-trois ans. On pensait que le pauvre oiseau n'arriverait jamais à terme, et puis, soudain, le 10 mai 1981, il a brisé son oeuf. Depuis deux ans et demi il volette de-ci de-là à travers l'Hexagone, selon ses appétits ou ses frayeurs, se pose n'importe où, mange (ou détruit) ce qu'il rencontre, lâche ses fientes au hasard.
Les nuits révolutionnaires
- 448pages
- 16 heures de lecture
Quand on lit Restif, outre l'admiration, on éprouve un sentiment particulier, tel qu'aucun autre auteur n'en suscite, qui est de plonger tout à coup dans notre propre, de le humer, de le palper. Il y a, si j'ose dire, une odeur de France qui s'élève de ses livres, à laquelle deux siècles n'ont rien fait perdre de sa force. Plus qu'une odeur : les livres de Restif sont encore tout chauds. (...) Ces prolétaires, ces paysans, ces vendeuses, ces garçons de magasin, ces domestiques, ces honnêtes petites gens qu'il campe par centaines, avec leurs roueries, leurs calculs, leurs naïvetés, leurs entraînements, sont de notre sang, et nous ne les trouvons que chez lui. Il a constitué notre album de famille.
Le déjeuner du lundi
- 341pages
- 12 heures de lecture
"Le déjeuner du lundi est un livre qui a toujours eu ses amateurs. Il fut plusieurs fois réédité. Les gens qui le connaissent sont curieusement sensibles au charme qu'il peut avoir. On me dit quelquefois qu'avec dix ans d'avance j'ai inventé le nouveau roman. En effet, il y a dans Le déjeuner du lundi quelques ingrédients qui ont, par la suite, fait la fortune de cette école littéraire. Voilà bien ma chance ! J'ai fabriqué un "nouveau roman" alors que personne n'était prêt à le lire ! C'est tout moi, cela. Je ne suis jamais à l'heure."Jean Dutourd.
Au bon beurre
- 377pages
- 14 heures de lecture
«Certains critiques m'avaient détourné de lire Au bon beurre, laissant entendre qu'il existait, entre Jean Dutourd et le couple immonde qu'il a peint, une obscure connivence. Or, à mesure que, ces jours-ci j'avançais dans le livre, j'éprouvais un sentiment de délivrance : Enfin me disais-je, tout de même, cela aura été dit. Ce couple à qui, plus ou moins, nous aurons eu tous affaire, pendant quatre ans, le voilà dénoncé, exposé sur un pilori qui désormais dominera l'histoire de ces noires années. Que l'auteur de ce beau livre soit un homme courageux, il faudrait pour le nier ne rien connaître de la lâcheté qui, aujourd'hui, incite tant de paupières à se baisser opportunément, scelle tant de lèvres.» - François Mauriac. [Gallimard]
La mer abrite des millions de poissons, mais le vieux pêcheur n'a rien pris depuis quatre-vingt-cinq jours. Elle s'étend à l'infini, les côtes cubaines s'éloignent inexorablement, et pourtant, il s'agit d'un roman de l'enfermement. Le Vieil Homme et la mer, durant trois jours entiers, se retrouvent face à face. Rare élément féminin dans ce récit qui oppose deux volontés viriles et où la douceur maternelle provient d'un gamin, la mer est le lieu du lien. Lien entre le vieil homme et l'espadon, entre le pêcheur et la vie, lien entre le retour et le départ, l'eau est un lieu de séjour transitoire entre la vie et la mort. A peine un purgatoire, car l'on imagine mal cet homme à l'âme sublime avoir commis aucun péché, la mer fait surgir en lui des sentiments d'amour profond, de respect pour la vie, mais aussi de manque et de lassitude. Les expressions reviennent sans cesse, les images sont récurrentes et la voix parle à l'esprit dont elle émane. Les poissons volent, comme mus par la tension incessante de l'esprit, qui ne tient plus qu'à un fil ténu, corde de ligne bandée jusqu'à la limite. Dans cet univers de répétition, le langage irisé de reflets d'argent semble naître d'un pathétique besoin d'émancipation. --Sana Tang-Léopold Wauters
Le mauvais esprit
- 198pages
- 7 heures de lecture
Il est difficile de trouver deux personnes qui se ressemblent moins que Jean Dutourd et Jean-Edern Hallier. On pouvait penser qu'ils ne seraient d'accord sur aucun sujet. Or, pas du tout. Sur ce qui est important — la littérature, le pouvoir et ceux qui l'exercent, la foi, quelques livres qu'ils ont écrits —, ils sont curieusement du même avis. Il en est résulté six dialogues, qui sont toujours drôles, et quelquefois profonds. L'un des causeurs est lyrique. L'autre serait plutôt moqueur. Cela fait des dissonances, auxquelles peu de lecteurs seront insensibles. Cela jette, également, des lumières imprévues sur deux écrivains très connus, et néanmoins très mystérieux.
Un ami qui vous veut du bien
petit manuel à l'usage des auteurs de lettres anonymes
Petit manuel à l'usage des auteurs de lettres anonymes. Comment écrire à un médecin, à un avocat, à un commerçant, à une jeune fille, à un cocu, à un père; comment inciter un directeur de journal à mettre à la porte un de ses rédacteurs; comment informer le percepteur que M. Piton fraude le fisc; comment expliquer au Secrétaire perpétuel de l'Académie Française que le candidat Bigoudis est une fausse valeur? Le petit manuel que voici offre des modèles détaillés et explicatifs pour toutes ces circonstances et plusieurs d'autres. Il sera très utile aux personnes qui désirent envoyer des lettres anonymes et ne savent pas comment s'y prendre pour les rédiger.
J'AI LU: Henri, ou, L'éducation nationale
- 256pages
- 9 heures de lecture
Il y a une erreur dans le titre de ce roman. Henri, son héros, n'est pas un produit de « l'éducation nationale » comme on en voit tant. C'est même le contraire. Il est en révolte contre l'éducation nationale justement, contre sa famille, contre les adultes, contre la politique, contre la bêtise, contre le monde. Il a dix-sept ans. Bref, c'est un jeune homme éternel, race peu répandue de nos jours, semble-t-il. Il a envie de ressembler à Julien Sorel, non à un pantin de bande dessinée. Le monde d'Henri est le monde moderne, sa famille est moderne, ses « enseignants » sont modernes, la politique qu'il exècre est celle qu'on impose aujourd'hui. Un jeune homme éternel plongé dans le monde moderne a une révolte très particulière, qui ne ressemble pas à celle que l'on décrit habituellement quand on parle de la jeunesse. Henri ne fait et ne pense rien de ce qu'on attend d'un garçon de son âge. Ceci est un vrai roman, avec des personnages et des péripéties, comme un roman d'autrefois, sauf qu'il dépeint une chose qu'on n'a à peu près pas encore vue dans la littérature : la société de maintenant qui, depuis 1960 environ, n'est plus du tout celle d'autrefois. Peut-être est-ce le premier roman de ce genre.



