Elle a vingt ans. Elle est assise dans la cuisine, auprès de la table. Elle reprise une taie d'oreiller. Devant elle, une boîte en bois blanc est posée, le couvercle ouvert, où sont rangés des bobines, des pelotons... Elle, c'est Geneviève, une fille de la campagne, mariée en 1920 au postier du bourg voisin. Et qui va toute sa vie travailler, cuisiner, coudre, sans dire la passion qu'elle voue au cousin de son mari. Parce qu'elle ne sait pas les mots. Ou parce que c'est au delà des mots...
Zaïda, een meisje uit de betere kringen in de negentiende eeuw, wil een leven leiden dat bij haar aard en capaciteiten past. Ze wenst zich niet te conformeren aan het conservatieve milieu van de adel in die tijd. Ze gaat medicijnen studeren en wordt een van de eerste vrouwelijke artsen, ondanks alle obstakels die ze moet overwinnen. De verschrikkingen van de Eerste Wereldoorlog doen haar besluiten zich te specialiseren in de psychiatrie: aan psychiatrische hulp is op dat moment een enorme behoefte. Ook de Tweede Wereldoorlog laat in Zaïda's leven zijn sporen na. Haar levensgeschiedenis wordt levendig en realistisch beschreven door de vele historische aspecten die de revue passeren. Ondanks de vele dramatische gebeurtenissen ademt het boek een groot optimisme uit: de liefde is vaak onvoorwaardelijk, de hoofdpersonen zijn sociaal bewogen, en ondanks de twee wereldoorlogen blijft het vertrouwen in de mensheid overeind.
Parti sur les routes en 1665, le narrateur de cette histoire, Baldassare Embriaco, Génois d'Orient et négociant en curiosités, est à la poursuite d'un livre qui est censé apporter le Salut à un monde désemparé. Sans doute est-il aussi à la recherche de ce qui pourrait encore donner un sens à sa propre existence. Au cours de son périple, en Méditerranée et au-delà, Baldassare traverse des pays en perdition, des villes en feu, des communautés en attente. Il rencontre la peur, la tromperie et la désillusion ; mais également l'amour, à l'heure où il ne l'attendait plus.
Ces "récits de la mafia", écrits après un long voyage en Italie du sud et en Sicile, restituent la réalité dans son épaisseur, sa complexité, son ambiguïté, bien mieux que n'aurait pu le faire une enquête journalistique. L'écrivain, venu d'un autre monde, voit et sent des choses que les habitants eux-mêmes, saturés d'horreurs, bâillonnés par la loi du silence, pétrifiés par la peur, ne distinguent plus. Chacune de ces nouvelles, souvent fondées sur des faits réels, traduit la détresse, la stupeur, l'inertie d'une population prise en otage par la mafia, abandonnée par un Etat impuissant sinon complice. Mais toutes témoignent de la révolte, du courage, de la pugnacité, de la générosité d'individus que la violence a transformés en héros anonymes, victimes désignées mais jamais résignées.
C'est l'histoire d'une femme qui aime les hommes. Tous les hommes. Alors elle décide de coucher les hommes de sa vie sur papier et de leur dédier son livre. Ce serait un livre sur tous les hommes d'une femme, du premier au dernier - père, grand-père, fils, frère, ami, amant, mari, patron, collègue... - dans l'ordre ou le désordre de leur apparition dans sa vie, dans ce mouvement mystérieux de présence et d'oubli qui les fait changer à ses yeux, s'en aller, revenir, demeurer, devenir. Pour séduire celui qu'elle a croisé par hasard en bas d'un immeuble et dont elle pressent qu'il va entrer dans sa vie, elle entame une analyse. Elle dit au psychanalyste les hommes de sa vie, se raconte, joue sur les mots, avec les mots et leur pouvoir de séduction, et donne du sens à ses rencontres, à son mariage qui se délite, à la cruelle absence du fils perdu. Entretenant savamment l'ambiguïté entre la narratrice - prénommée Camille - et elle-même, alternant régulièrement entre le "je" et le "elle" lorsqu'elle fait parler son personnage, Camille Laurens livre, après L'Avenir et Quelques-uns, un texte lumineux et maîtrisé, sans aucun doute son roman le plus personnel et le plus touchant. --Laurence Demurger
Nouvelles"Ce livre raconte le déséquilibre et les malentendus entre l'homme et la femme arabes. Les histoires qu'on y trouve ne parlent que d'amour, c'est-à-dire de solitude, de secret et d'incompréhension. Et puis ce besoin d'amour devient vite une recherche de soi, car pour aimer l'autre, pour donner, il faut s'aimer un peu soi-même. Ce n'est pas si simple, dans un pays où la tradition et la religion aident surtout l'homme à asseoir sa petite puissance, alors même que rien ne peut s'y faire sans la femme."Tahar Ben Jelloun