Andreï Makine tisse des récits qui font le pont entre les mondes, explorant les profondes intersections de la mémoire, de la culture et de l'identité avec une grâce linguistique exceptionnelle. Ayant lui-même navigué à travers les complexités de l'exil et de la dualité culturelle, son œuvre plonge dans les paysages émotionnels profonds des liens humains et de la quête d'appartenance. La prose de Makine possède une rare capacité à évoquer des histoires lointaines et des expériences intimes, faisant de lui une voix distinctive de la littérature contemporaine. Son écriture est un témoignage puissant de l'esprit durable et de la tapisserie complexe du cœur humain.
En Extrême-Orient russe, dans l'immensité de la taïga, Pavel Gartzev et ses compagnons doivent capturer un criminel aux multiples visages. Un étrange dialogue à distance s'instaure entre le soldat épuisé et sa mystérieuse proie. Pavel verra sa vie bouleversée lorsqu'il connaîtra l'identité du fugitif.
À Leningrad, Oleg Erdmann, apprenti cinéaste, survit en travaillant à l'abattoir. Il rêve de réaliser un film sur l'impératrice Catherine II et soumet son scénario au Comité d'État pour l'art cinématographique. Prix Casanova 2013.
Sibérie, début des années soixante-dix. Le narrateur, qui vit dans un orphelinat, devient le garde du corps de Vardan, un garçon fragile et sensible persécuté par les autres. En suivant les deux adolescents, nous découvrons un quartier déshérité, le Bout du diable, où réside une communauté d'Arméniens venus soutenir leurs proches emprisonnés à cinq mille kilomètres de leur patrie.Nul n'oubliera les figures marquantes de ce « royaume d'Arménie » ouvert aux déracinés qui n'ont pour biographie que la géographie de leurs errances - ces « copeaux humains sacrifiés sous la hache des faiseurs de l'Histoire ».Dans la lumière d'une double nostalgie - celle des Arméniens pour leur pays natal et celle de l'auteur pour son ami disparu -, ce récit d'une amitié de jeunesse révèle un épisode crucial de la vie d'Andreï Makine.Sans doute son roman le plus émouvant, porté par une écriture d'un classicisme altier écartant les afféteries pour aller à l'essentiel. Le Figaro littéraire.Prix des Romancières 2021
"'Qu'importe l'éternité de la damnation à qui a trouvé dans une seconde l'infini de la jouissance.' (Baudelaire) Tel serait l'esprit de cette saga lapidaire--un siècle de fureur et de sang que va traverser Valdas Bataeff en affrontant, tout jeune, les événements tragiques de son époque. Au plus fort de la tempête, il parvient à s'arracher à la cruauté du monde: un amour clandestin dans une parenthèse enchantée, entre l'ancien calendrier de la Russie impériale et la nouvelle chronologie imposée par les 'constructeurs de l'avenir radieux'. Chef-d'œuvre de concision, ce roman sur la trahison, le sacrifice et la rédemption nous fait revivre, à hauteur d'homme, les drames de la grande Histoire: révolutions, conflits mondiaux, déchirements de l'après-guerre. Pourtant, une trame secrète, au-delà des atroces comédies humaines, nous libère de leur emprise et rend infinie la fragile brièveté d'un amour blessé."--
« Je me souvenais qu'un jour, dans une plaisanterie sans gaieté, Charlotte m'avait dit qu'après tous ses voyages à travers l'immense Russie, venir à pied jusqu'en France n'aurait pour elle rien d'impossible [...]. Au début, pendant de longs mois de misère et d'errances, mon rêve fou ressemblerait de près à cette bravade. J'imaginerais une femme vêtue de noir qui, aux toutes premières heures d'une matinée d'hiver sombre, entrerait dans une petite ville frontalière [...]. Elle pousserait la porte d'un café au coin d'une étroite place endormie, s'installerait près de la fenêtre, à côté d'un calorifère. La patronne lui apporterait une tasse de thé. Et en regardant, derrière la vitre, la face tranquille des maisons à colombages, la femme murmurerait tout bas : "C'est la France... Je suis retournée en France. Après... après toute une vie." »
A Mirnoïé, sur les bords de la mer Blanche, personne ne croit plus au retour de Koptev. Personne, sauf Véra. Depuis trente longues années, telle Pénélope, elle attend obstinément son homme. Chaque jour, elle ouvre sa boîte aux lettres avec le même espoir. Un jeune étudiant en anthropologie venu de Leningrad la remarque, et se met en tête de percer les mystères de cette âme qui se débat, à la lisière de la folie et de la pureté absolue.
Un médecin militaire, engagé par les services de renseignements soviétiques, retrace l'hallucinant destin de son grand-père Nikolaï et de son père Pavel, les oppressions des années 20, les purges, les violences nazies et la Seconde Guerre mondiale ... Un chant pour les morts d'hier et d'aujourd'hui, une tragédie jalonnée de crimes, de viols et d'illusions perdues
Le premier concert du jeune pianiste Alexeï Berg est annoncé pour le 24 mai 1941. Fin du long purgatoire que sa famille a vécu durant les années de terreur. Promesse d'oubli, de célébrité future, de nouvelles rencontres parmi la jeunesse dorée de la capitale... Or, ce concert n'aura pas lieu. La vie d'Alexeï se jouera sur une partition différente, marquée par l'amour sans nom, par la familiarité avec la mort, par la découverte de la dignité des vaincus. Car ce " roman-destin " est d'abord un éloge de l'indomptable force de l'esprit, de la résistance intérieure. Et c'est aussi une histoire pleine d'un charme profond, qu'on lira et qu'on relira, un vrai joyau.
"C'est alors que, d'une voix presque éteinte, en acceptant l'échec et ne demandant plus rien, je parlai de Jacques Dorme. Je réussis à dire sa vie en quelques phrases brèves, nues. Je me trouvais dans un état d'abattement tel que j'entendais à peine ce que je disais. Et c'est dans cet état seulement que je fus capable d'exprimer toute la douloureuse vérité de cette vie. Un aviateur venu d'un pays lointain rencontre une femme du même pays que le sien et, pendant très peu de jours, dans une ville dont il ne restera bientôt que des ruines, ils s'aiment ; puis il part au bout de la terre pour conduire les avions destinés an front, et meurt, en s'écrasant sur un versant de glace, sous le ciel blême du cercle polaire. Je l'avais dit autrement. Non pas mieux, mais plus brièvement encore, plus près de l'essence de leur amour." Intense épopée humaine, profonde quête des origines personnelles, La terre et le ciel de Jacques Dorme évoque le destin des hommes qui avaient "une certaine idée de la France". L'univers poétique de ce roman fait revivre les grands thèmes du Testament français (prix Goncourt 1995) et du Requiem pour l'Est et parachève ainsi la trilogie franco-russe d'Andreï Makine.
La 4e de couverture indique : "Le destin de Dmitri Ress pourrait être mesuré en longues années de combats, de rêves et de souffrances. Ou bien à l'intensité de l'amour qu'il portait à une femme. Ou encore en blessures, d'âme et de corps, qu'il a reçues, happé par la violence de l'affrontement entre l'Occident et la Russie. Cette pesée du Bien et du Mal serait juste s'il n'y avait pas, dans nos vies hâtives, des instants humbles et essentiels où surviennent les retrouvailles avec le sens, avec le courage d'aimer, avec la grisante intimité de l'être."